je déménage demain

La pièce est vide, une partie de ma vie s'envole.
Il fait chaud comme l'été passé. Entre mon coeur un peu fragile et mon chat un peu plus gros, j'arrive à peine à respirer.

Si je n'écris plus ici, c'est que mon blogue en entier sera envoyé à des maisons d'éditions et à quelques concours afin d'être publié.

Mais j'existe toujours.
Et je vis, c'est ça l'important.

# Posté le mardi 30 juin 2009 21:05

Je n'ai jamais vu autant de couleurs

 Je n'ai jamais vu autant de couleurs
Les yeux dans l'eau, le costume bleu de patates frites sur mon lit, l'écran d'ordinateur à moitié-brisée, et la folle envie de fumer une cigarette et de pleurer surtout,
Puis maman, qui me supplie de retourner à la maison, le coeur vide - le coeur brisé,
J'ai pris mon courage à deux mains, acheté un paquet de cigarettes.
Sur le pneu de secours, St-Hyacinthe-Québec.
Toujours avec les larmes aux yeux, la peur d'être tout seul dans le noir avec tous ces animaux,
l'impression de quitter à jamais ma vie que j'ai à nouveau construit, puis aussi décollée,
avec de la fausse-colle transparente, pour rebâtir un bonheur qui je pense, a déjà existé.

Je n'ai pas besoin de personne. Je ne veux que personne m'aide à comprendre.
Je passe des heures à essayer de deviner pourquoi la chance ne s'est pas montrée,
et je ne sais pas, je ne sais jamais. Ce qui est plate avec la chance, c'est qu'elle a ses préférés.
Et parfois, j'ai l'impression que ce ne sont pas les bonnes personnes.
Vous savez, ces personnes qui ne travaillent pas pour avoir leur propre paradis sur Terre.
Ces personnes dont je suis jaloux, ces personnes que je n'aime pas.
La chance n'est pas juste. La chance est une pauvre conne.
La chance attends que je devienne encore meilleur pour me sourire.
La chance m'aide, la chance m'aime, la chance veut que je réalise tous mes rêves.
Autrement, elle n'ouvre pas ses portes. Elle me teste, elle m'observe, elle me rends fou.

Je déménage dans quelques semaines, passe d'un environnement monotome à quelque chose de coloré,
je prends la vie comme elle vient, j'attends le Soleil secondes après secondes.
Je compte, en silence. Parfois, comme quand je parle dans la douche tout seul.
Pendant longtemps, presqu'en silence. J'abandonne. Je laisse. J'oublie.

C'est quand je me suis rendu compte que je ne pouvais plus reculer,
et que je ne pouvais pas non plus oublier,
c'est lorsque j'ai vu qu'absolument rien n'avait changé, même pas la couleur du plancher,
que j'ai réalisé à quel point je n'avais pensé qu'à moi en partant d'ici.
Les divans sont aussi confortables, les raisins toujours aussi mauves, et papa toujours absent.

Je n'ai plus que mes couvertures, mes vêtements et mon chat,
le reste, il n'est pas à moi. La seule chose que je n'ai pas sacrifié, c'est mon envie d'être un artiste.
J'ai négligé maman, mon frère et tous les autres. Je les ai mis en suspension quelques instants.
C'est comme si j'avais arrêter d'aimer toutes ces personnes parce que je n'en avais plus la force,
et que je réalise maintenant à quel point ce sont les personnes les plus importantes au monde.

Le rêve est fort. Le rêve pousse et tousse, le rêve torture, le rêve annule.
Le rêve donne, le rêve vie, le rêve est toujours pareil. Le rêve marche beaucoup, le rêve est neutre.
Et je crois qu'à partir de maintenant, je peux aimer et rêver, sans le moindre effort.

Au fond du coeur, un aspirateur du rêve. Derrière les lunettes - des yeux qui voient tout.
Je ne suis là que pour permettre aux gens de s'amuser.
Parfois, c'est décevant. D'autres fois, on s'y habitue.
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# Posté le mercredi 27 mai 2009 15:39

Modifié le mercredi 27 mai 2009 16:59

Toute une vie

Toute une vie
Il y a de ces soirées, quand j'ai mal à la tête et que j'ai de la difficulté à respirer,
où tout devient impossible, où tout s'arrête et où tout s'efface.

La chaleur de l'été me rapelle des souvenirs, réveille en moi tout l'amour que j'avais auparavant,
prends une partie de mon coeur et transporte avec elle ce que j'ai et surtout, ce que j'ai eu.

Je te rejoignais, au clair de lune, entre deux verres d'eau et une chicane avec maman,
Nous montions au deuxième étage, je t'entendais respirer, -et tes cheveux blonds-,
je me sentais en sécurité, plus rien ne comptait, il n'y avait que toi et moi.

Il y a de ces soirées où le rêve ne compte plus, où ma force n'existe pas,
où je donnerais tout au monde pour te retrouver, juste pour arrêter de chercher.

Et quand je lève la tête, je te vois toi la femme de ma vie,
avec un bandeau rose sur la tête, les yeux cernés de fatigue, le sourire achevé.
Tu es tellement courageuse de m'aimer. Tu mérites peut-être mieux.
Je t'aime pourtant de tout mon coeur, petite fleur.

Il y a de ces soirées où je prends le temps de réfléchir et comprendre,
Je fixe et arrange la suite, je termine le chapitre et tourne la page.

J'aurais besoin que la Sainte-Vierge me donne à boire.
J'aurais même besoin de vomir et cracher par terre tout ce qui m'angoisse.

C'est l'été qui commence.
L'été chaud et amer, l'été malade comme hier.

Je dépose l'ordinateur à ma droite comme d'habitude.
Puis, je passe ma main sur mes fesses juste pour avoir quelques frissons.
Puis ma main prend mon sexe jusqu'à ce qu'il devienne dur,
Je redécouvre ce qu'est ma vie, je comprend mieux qui je suis,
et entre ses respirations qui manquent souvent de rythme,
Je perds le contrôle et je ne suis plus qu'un tout petit être dans ce monde empli de terreur.
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# Posté le jeudi 21 mai 2009 22:56

Modifié le jeudi 21 mai 2009 23:33

Le Département d'interprétation de l'école de Théâtre vous suggère de vous présenter de nouveau aux auditions qui se tiendront lors de la prochaine année scolaire.

Le Département d'interprétation de l'école de Théâtre vous suggère de vous présenter de nouveau aux auditions qui se tiendront lors de la prochaine année scolaire.
Monsieur,
nous vous informons qu'à la suite des confirmations des candidatures acceptées en automne 2009, nous avons atteint notre contingentement. Nous ne pouvons malheureusement retenir votre candidature qui était en attendre. Nous vous souhaitons bonne chance dans votre démarche future.

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Il y a l'enveloppe juste au bout de la table ronde, Bibet au bout de la pièce qui me regarde,
les affiches de Madonna, elle a les yeux fixés sur moi.
J'ai pris un couteau, j'ai déchiré le dessus d'une petite boîte de carton noire et blanche,
j'y ai déposé quelques sous. Ce sera l'argent que j'économiserai tout l'été pour recommencer le processus.

Dès août, je recommence en entier les répétitions pour les auditions en janvier 2010.
Et cette fois-ci, ma candidature sera valide dans les deux cégeps, dans les deux Conservatoires et à l'École nationale. Je n'ai plus rien à perdre.

Même si pourtant, il y a un goût amer dans ma bouche,
une honte, un fort désir de crier et de pleurer toutes les larmes de mon corps,
je sais qu'il reste encore plusieurs années devant moi pour réaliser mon rêve.

J'ai tout de même enlevé tout mes vêtements, perdu mon sourire,
fermer les lumières et regretter.

C'est ce que j'ai appris. La vie nous donne le contraire ce que l'on désire.
C'est celle qui ne le voulait pas qui l'a eu,
c'est mon rêve qu'on essaie d'effacer.

Dommage pour vous, pour toujours, IL RESTERA.
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# Posté le mercredi 20 mai 2009 00:24

D'un côté ou de l'autre

D'un côté ou de l'autre
Les pratiques pour la scène finale ont été intenses.
Jamais je ne me suis sentit aussi vivant.
Il fallait aligner le texte, se concentrer, mémoriser des milliers de déplacements.
La présentation a été de mise, nous avons été excellents tous les deux, moi et Elisabeth.

Nous avons organisé tous ensemble un cabaret avec des numéros que nous avions préparé.
Un peu à la dernière minute, sans réfléchir, juste pour le plaisir.
Maman, grand-maman et mon frère étaient assis dans la cafétéria.
J'ai donné le meilleur de moi-même pour eux.

C'était la première fois qu'ils me voyaient.
J'ai encore cette même peur que j'avais vendredi à l'intérieur de moi,
cette peur de décevoir, cette peur d'échouer, cette peur que ce ne soit pas comme ils le pensaient.
Et pourtant, ce ne sont pas eux qui me mettent de la pression.

Le visage de grand-maman a vieillit, elle parlait beaucoup moins qu'avant.
Stéfany était toujours présente au rendez-vous, elle était près de moi,
je la sentais respirer en même temps que je l'aimais, sincèrement.

Nous finissons notre première année de cégep mardi.
Il ne reste plus que quelques examens, quelques trucs à finaliser.
Puis on déménagera.

Le plus important, c'est qu'à partir de demain, je peux reçevoir un appel.
J'ai quelques chances d'être accepter à l'école de Théâtre de Saint-Hyacinthe.

Mon téléphone sera ouvert jours et nuits, sur vibration.

Mon coeur est toujours en vie.
Il y a eu des peurs, des transformations, mais surtout, une évolution gigantesque.
Ma vie prend un tout autre tournant, peu importe la réponse que j'aurai.

Le soleil brille, mon corps explose, parfois je pense encore à toi.
Si tu étais ici avec moi, je pense que tu serais fier de moi.
J'ai tellement changé. Je pense que je te plairais.

Je reviens avec la réponse aussitôt que je l'ai.
Les rimes poétiques de mon écriture n'existent plus, la beauté et la magie de mes mots ne sont plus là.
Je n'ai plus l'énergie que j'avais pour écrire.

Et pourtant, je trouve toute l'énergie qu'il me faut pour désirer les hommes autour de moi.
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# Posté le dimanche 10 mai 2009 19:13

Modifié le dimanche 10 mai 2009 19:29